La Bundeswehr a effectué ce week-end un exercice de très grande ampleur du côté de Hambourg, qui deviendrait une plaque tournante pour les armées de l’OTAN, en cas de guerre du côté de la Baltique.
La population d’Hambourg a manifesté pacifiquement contre ces manœuvres.
La BBC souligne qu’il « ne s’agissait pas de préparer les hostilités », qu’aucun « scenario d’invasion » n’était envisagé « à l’heure actuelle », mais que des scenarii de sabotage étaient, eux, bien immédiatement pris en compte.
De son côté, la Pologne a déployé un plan dit « dents de dragon », en référence à ces blocs de beton de trois tonnes qu’elle est en train de déployer, après un fossé antichar et devant une zone qu’elle pourrait miner, en cas de conflit, tout le long des 420 km de sa frontière commune avec la Biélorussie, et tout le long des plus de 200 km du couloir de l’enclave de Kaliningrad.
Une nouvelle ligne Maginot, à la sauce polonaise, donc.
En outre, l’armée polonaise, la plus grande d’Europe avec ses 216.000 hommes, s’est donné pour objectif d’acquérir 1.600 chars d’assaut. A titre de comparaison, la France n’en possède actuellement pas le tiers.
Elle a également développé un programme destiné à des réservistes volontaires qui, jusqu’à soixante ans, s’entraînent un week-end sur deux.
L’exercice, en Allemagne était appelé « Red Storm Charlie »… ce qui m’a rappelé que quand j’étais ado, j’avais lu « Tempête Rouge », de Tom Clancy, un scenario de guerre entre l’Europe et la Russie, rédigé par cet excellent romancier qui travaillait par ailleurs pour le Pentagone.
Beaucoup plus sympa et rassurant : le général américain Alexus Grynkewich, qui est d’origine … biélorusse, mais qui est surtout le commandant des forces américaines en Europe et donc, à ce titre, en vertu du Traité, le chef suprême de l’OTAN, a précisé lundi dernier à un sommet qui s’est tenu à Varsovie, qu’il ne « considère pas qu’un conflit est imminent ou inévitable » entre la Russie et l’Otan. Pour autant, il veut qu’une éventuelle attaque contre l’Alliance soit « totalement vaine ».
Interrogé à propos des attaques « hybrides » en Europe, le commandant suprême des forces alliées en Europe a également indiqué qu’il était crucial que les pays membres de l’Alliance disent à la Russie, dans un message « clair et concis » où sont situées ses « lignes rouges » à ne pas franchir.
Une bonne idée, ça.