La Belgique a introduit, avec un gouvernement de droite, une taxation sur les plus-values, qui fragilise sa position quasi unique de paradis fiscal pour les détenteurs de capitaux : la Belgique était en effet un des seuls pays au monde, et le seul de l’OCDE, à ne pas taxer le moins du monde les plus-values sur titres.

Ceci expliquait pourquoi on estime qu’environ un tiers des 65.000 Français qui vivent dans ce pays s’y étaient établis pour des raisons fiscales, principalement des détenteurs de holdings, une bonne partie du capitalisme français étant de facto piloté depuis Ixelles et Uccle, depuis des années.

N’oublions pas non plus les « Nederbelgen », ces Hollandais qui résident en Belgique, surtout à Lanaken, à côté de Maastricht, et à Brasschaat (banlieue d’Anvers) pour les mêmes raisons.

La nouvelle taxe sur les plus-values, par ailleurs texte mal foutu qui a ouvert la porte à nombre de recours toujours pendants devant la Cour Constitutionnelle, est, pour l’instant, extrêmement faible. Tellement faible que, fondamentalement, à part pur un ou deux allergiques absolus aux impôts, elle ne change rien du tout.

Peut-être était-ce d’ailleurs son objet : faire plaisir à l’opposition socialiste sans rien changer, fondamentalement.

Connaissant la culture profonde du pays et son goût pour les compromis obtenus à l’arrachée par tel ou tel groupe dans le cadre de marchandages à court terme, sans vision aucune des effets à long terme ni de part, ni d’autre, je ne serais pas surpris du tout que cette hypothèse soit la bonne.

Or, beaucoup d’indicateurs laissent penser que la prochaine législature ramène le pays à gauche (à rebours de tout le reste du monde occidental, soit dit en passant, et ce alors qu’en dehors de certains partis flamands, il n’y a déjà pas de véritable droite, en Belgique).

Et si, comme on peut le penser, le pays repart vers la gauche, surtout au vu de l’état de ses finances publiques, en particulier quand, au contraire même des agences de notation, on prend soin d’additionner les dettes des Régions et Communautés à celles de l’Etat Fédéral, ne serait-il pas à craindre que le niveau de cette taxe soit sérieusement relevé ?

Si, comme à peu près partout ailleurs, il devait s’orienter gentiment vers les 30%, qu’adviendrait-il dans ce pays où, par ailleurs, les prélèvements sur les fruits du travail sont les plus élevés au monde ?

Certains, de plus en plus nombreux, surtout en Flandre, sont convaincus de cette hypothèse, prennent déjà les devants, et s’organisent en vue d’une délocalisation vers le Grand-Duché qui fera sans doute du bien à ce dernier et à son immobilier.

Comme disait Jacques Brel, « chez ces gens-là, on compte, Monsieur. On compte. »

Pas pour rien que la bourse tire son nom d’une famille brugeoise.

Et ils ont raison de compter, car le parti « les Engagés », parti francophone supposé centriste et modéré, vient de déclarer à la presse qu’il envisageait un « impôt progressif sur les patrimoines financiers à partir de 500.000 € ».

D’excellentes nouvelles pour le Grand-Duché et la Suisse.