La banque Sumitomo-Mitsui, qui est la deuxième banque du Japon, s’est débarrassée la semaine dernière de l’intégralité de ses obligations de l’état français, pour les remplacer par des obligations de l’état allemand.

Pour rappel, le Japon est le premier créancier du monde occidental, et la France ne fait pas exception.

Le fait que le Japon remonte ses taux pousse les Japonais à rapatrier leurs créances placées à l’international et pousse donc ses débiteurs à augmenter leurs propres taux, pour freiner le mouvement et inciter les Japonais à rester investis à l’étranger plutôt que dans leur propre pays.

En l’occurrence, le mouvement de Sumitomo n’a vraiment rien d’anodin et met en évidence l’idée que la deuxième banque du pays qui est le premier créancier de la France pense que ce pays n’est plus fiable et que la montée des taux risque bien de lui rendre impossible les remboursements.

Cela participe à la fois du mouvement de bascule vers l’Asie, mais cela pourrait bien aussi, dans ce cas précis, constituer la base de ces prophéties auto-réalisatrices dont la finance est coutumière : qu’une banque pareille effectue un tel mouvement complique encore un peu plus la tâche de la France dans sa recherche de nouveaux crédits destinés à remplacer les anciens et l’oblige à remonter encore un peu ses taux, ce qui l’inscrit dans un cercle vicieux.

A ce rythme-là, l’état français terminera plus rapidement que prévu sous tutelle, que ce soit celle de l’UE ou du FMI.

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