Les systèmes sociaux européens, quoique à des degrés divers, sont en état de faillite.
Si une compagnie d’assurances privée ne modifiait pas du tout ses tables actuarielles, tout en constatant un effondrement des naissances et un allongement de la durée de la vie, on le lui reprocherait.
Plus encore que pour une compagnie privée, qui dispose d’une marge de manœuvre temporelle longue que permet la capitalisation, le système de répartition qui prévaut en Europe, sauf en Suisse et aux Pays-Bas, par exemple, est impacté directement.
Cet effet ciseau rendent purement et simplement insoutenables l’avenir des retraites et l’avenir de la sécurité sociale dont les dépenses de santé, en hausse exponentielle, en Europe.
La marge d’endettement étatique, qui suppose corrélativement, tôt ou tard, des hausses d’impôts ou de l’inflation, étant nulle, que faut-il en tirer comme conclusion ?
Qu’il vaut mieux ne pas tabler sur l’idée que nos systèmes, par ailleurs ouverts au monde entier, perdurent encore bien longtemps.
Le déficit commercial des pays les plus touchés s’accroît, alors que, sous une trop forte pression du fait de ce persistant déni, la marge brute d’auto-financement des entreprises européennes est déjà insuffisante par rapport au reste du monde.
C’est ce déni et ce qu’il implique à ce niveau qui explique en grande partie pourquoi l’Europe se caractérise par une absence quasi totale dans le domaine des technologies d’avenir et, au-delà de cela, par une baisse significative du nombre d’entrepreneurs. En France, par exemple, le top 10 des grandes fortunes n’est composé que d’héritiers et de repreneurs, certes pour le moins talentueux, mais on est très loin des fondateurs d’Air Liquide, de Gaumont, de Renault, …
Certes, le taux de chômage de l’immense majorité des pays développés remonte en flèche depuis un moment.
Monsieur Poutine faisait remarquer qu’avec la chute de l’URSS, il avait eu l’occasion de vivre à quel point il était très différent d’être au bord de la faillite, voire en situation de faillite et d’être déclaré en faillite.
La situation de faillite, celle qui a consisté à rester au bord de la faillite a duré près de 70 ans pour l’URSS. Puis, elle s’est effondré sur lui-même, après s’être fait plus que largement distancé sur tous les fronts.
Entendons-nous bien : un système de sécurité sociale étatique n’est pas forcément une mauvaise chose, mais le déni de la réalité mathématique par des politiciens qui s’obstinent à regarder partout ailleurs que là où leurs populations le souhaiteraient ne restera pas éternellement sans conséquence.
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