Comme chacun sait, l’industrie allemande, grosse consommatrice de gaz, se trouve en récession du fait de sa géniale politique étrangère tournée pendant longtemps exclusivement vers la Russie.

Comme chacun le sait peut-être un peu moins, l’Allemagne avait négocié des accords avec le Qatar et ses voisins, en tant que fournisseurs de substitution, et les livraisons allaient commencer.

Outre Rhin, tous les milieux économiques savaient que nombre d’industries avaient serré les dents en attendant ce nouveau fournisseur, pressées qu’elles avaient été politiquement de ne pas (trop) délocaliser.

Est-il besoin de préciser ce que la guerre en Iran et le bombardement de tous ses voisins permet de penser de la validité de ce beau plan ?

Et donc, c’est à ce moment là que Madame Von der Leyen déclare, à propos du nucléaire, qu’elle s’est trompée. Elle, qui a entravé le nucléaire depuis 20 ans, et dont elle a lié les prix de vente à ceux du gaz pour couper l’avantage que les Français auraient pu tirer de leur politique énergétique autrement plus intelligente et infiniment moins carbonée que celle de leurs voisins.

Mais, bien sûr, elle travaille « pour le bien de l’Europe », pas pour celui exclusif de l’Allemagne, qu’allez-vous donc penser là ?

Thomas Mann, déjà, (citoyen allemand expatrié dans ce que je trouve être la plus belle partie de la Suisse italienne, soit dit en passant) appelait de ses vœux « Une Allemagne européenne plutôt qu’une Europe Allemande. »

Clarté, concision, sens de la formule, il y a tout dans ce vœux… Pieux.

Au-delà, de la part de Madame Von der Leyen, pas d’excuse, pas de démission.

La responsabilité politique reste manifestement un concept qui lui est aussi étranger que la volonté des peuples des états membres, chaque fois qu’ils l’expriment.

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