Certaines sociétés commerciales évoluent très rapidement sous l’effet de l’émergence de l’IA.
Ainsi, par exemple, chez les prestataires informatiques, le choc est particulièrement violent : Capgemini ou Atos s’étaient fait une spécialité de recruter un jeune développeur avec un faible salaire pour le facturer 750,00€ la journée au client, chez qui le consultant pouvait d’ailleurs rester jusqu’à plusieurs années, sans que cela n’ait jamais, semble-t-il, inquiété personne ne matière de droits sociaux, soit dit en passant.
Mais, les temps changent et un développeur équipé d’un assistant IA produit aujourd’hui en moyenne et au minimum 30% de code en plus qu’en 2022, avec moins d’erreurs : Capgemini a donc annoncé, au début de cette année, 2.400 suppressions de postes, en France.
Atos, autre société française qui fonctionne sur le même modèle, a prévu de passer de 74.000 à 60.000 salariés d’ici décembre, soit 14.000 emplois en moins, car son chiffre d’affaires est passé d’environ 9,6 milliards d’euros en 2024, à 8 milliards en 2025, soit plus de 15% d’une baisse annuelle qui ne cesse de s’aggraver.
Du côté des formations à large public, aujourd’hui, vous avez le choix entre un « spécialiste » facturé bien cher ou … une IA accessible 24h/7, quand ça vous arrange, qui s’adapte à votre niveau, et qui est susceptible, si vous tenez vraiment à vous former en permanence, d’être facturée 20-30 € par mois.
Parallèlement, et de façon bien moins sensible, à l’échelle mondiale, chaque année, les administrations des états et les grandes entreprises dépensent 400 milliards de Dollars en « prestation de conseil ».
Une étude universitaire de grande ampleur publiée par le National Bureau of Economic Research (NBER) et reprise par Les Echos a mesuré l’impact réel des 10 plus grands cabinets de conseil en gestion.
Ses conclusions indiquent que l’intervention de ces consultants n’entraîne aucune amélioration mesurable de la productivité ou des performances financières à long terme pour les entreprises clientes, alimentant l’argument de leur inutilité opérationnelle.
Dans leur livre intitulé « The Big Con » (sorti en 2023), les économistes Mariana Mazzucato et Rosie Collington démontrent comment l’industrie du conseil affaiblit les compétences internes des entreprises et des gouvernements, bloquant l’innovation et privant les structures de leur propre expertise, ce qui correspond à la définition d’un effet « nuisible » ou « contre-productif ».
Dans leur livre, ces deux économistes tendent à prouver également que l’ensemble de la stratégie des grandes entreprises de conseil consiste à chercher systématiquement à « infantiliser » sciemment le client.
Ce qui est formidable, c’est que malgré tout, « ça marche ».
Quoique…
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