J’ai dit et répété à plusieurs reprises qu’il était tout aussi contraire aux droits de l’homme qu’à la constitution et aux lois de saisir les biens de citoyens russes parce qu’ils sont russes.

J’ai dit et répété que c’était non seulement illégal, mais idiot pour deux raisons :

  • Les citoyens russes qui ‘étaient offerts des pieds à terre en Occident n’étaient pas forcément les meilleurs amis du régime russe en place
  • En agissant comme nos dirigeants l’ont fait, ils ont envoyé un message au monde entier qui fragilisera durablement les investissements sur notre sol : qui aurait envie d’acquérir des biens ou des outils productifs dans des pays où ils peuvent être saisis pour une simple question de nationalité ?

Par contre, la Russie a bel et bien envahi, et à plusieurs reprises de son histoire, nombre de pays « de l’Est Européen ».

La dernière fois qu’elle l’a fait, même si ça n’empêche pas des aveugles d’affirmer tranquillement que la Russie n’a jamais envahi personne, chacun sait qu’elle les a sérieusement occupé en y établissant un régime peu sympathique après les avoir libérés.

Le régime soviétique était tellement sympathique qu’il avait fallu construire un mur pour empêcher ceux qui en bénéficiaient de passer de l’autre côté, et même les Mélenchon de l’époque se comptent sur les doigts d’une main à avoir fait le voyage en sens inverse (en général, contraints et forcés, après s’être fait chopés pour espionnage).

Histoire d’augmenter la probabilité de les voir revenir au pays, rappelons aussi que les artistes et diplomates qui voyageaient devaient laisser leurs familles à la maison…

De tout ceci, Monsieur Poutine ne fait pas mystère qu’il est nostalgique, et beaucoup de Russes sont de son avis.

Il paraît donc compréhensible que des pays qui ont été envahis et occupés de la sorte par la Russie aient cherché voire continuent de chercher à se protéger du renouvellement de ce genre d’expérience, Kiev y compris.

Notons aussi qu’il est impossible d’envisager d’encercler ce pays immense.

Au-delà de ce simple constat, la position « victimaire » de la Russie, martelée sur les réseaux sociaux, repose sur un mensonge très facile à démontrer et à démonter : en 1990, lors des négociations sur le retour à l’unité allemande, les Américains auraient promis oralement aux Soviétiques de ne pas élargir l’OTAN.

Pourquoi dis-je que c’est un mensonge ?

Cette histoire relève de la légende urbaine.

Elle est fausse, et elle l’est pour une raison très simple : en 1990, certes, le mur était tombé, mais le pacte de Varsovie et l’Union soviétique existaient toujours et donc l’idée même d’un élargissement de l’OTAN aurait été impensable.

CQFD.

Mais, soyons complets.

Il est vrai, en revanche, que l’ancienne République démocratique allemande (RDA, d’où nous venait la Chancelière Merkel qui, comme tous les allemands de l’ex-RDA, parlait russe…tout comme Vladimir Poutine, longtemps en poste en RDA, parle allemand), une fois rattachée à sa sœur occidentale (la RFA), ne devait pas comprendre de forces et d’armements nucléaires de l’OTAN. Or ce fut fait…

Je n’ai rien contre le peuple russe, pas plus que je n’ai quoique ce soit contre le peuple allemand (bien au contraire), mais politiquement, outre qu’il convient de distinguer l’économie de la politique, il convient aussi de ne jamais être naïf.

Et je constate souvent que la réalité qui est sous notre nez à tous est facile à observer comme à démontrer, même si Goebbels avait manifestement au moins raison sur un point : « plus c’est gros, plus ça passe »… comme chez Mercedes.

Mais, soyons complets (bis) : avez-vous déjà entendu parler du « memorandum de Budapest » ?

This content is locked

Login To Unlock The Content!