J’ai lu que, pour la première fois en 2025, la population française avait cessé d’augmenter.
Dans la foulée de cette publication, la semaine dernière, quantité de journaux français ont réalisé leur « une » sur la thématique selon laquelle la population française va commencer à chuter, à partir de 2037.
Dans les autres pays d’Europe, la spirale est déjà enclenchée
Le dernier rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (français, donc) inclut la proposition d’un recul de l’âge de la retraite à 67,6 ans… mais en 2070 seulement, après avoir expliqué que d’un point de vue purement arithmétique, ce serait quand même nettement mieux de commencer en 2040, au plus tard.
Au passage, notez qu’en Belgique, qui n’est pas le seul pays européen du genre, ça fait trois ans, que la décision a été prise de placer l’âge de la retraite à 67 ans, avec effet quasi-immédiat pour tout le monde. En outre, un nouveau projet de Loi va être voté dans les jours qui viennent, qui prévoira des bonus pour ceux qui continueront à travailler au-delà de l’âge légal, et des malus plus forts que ceux qui existent déjà pour ceux qui s’arrêteront avant.
Sur une thématique connexe, l’Allemagne, par exemple, commence à évoquer à grande échelle l’impact du Babyboom sur l’immobilier…
Les plus avancés sur le sujet sont, comme chacun sait, les Japonais.
Vous m’entendez souvent souligner que les prix de la bourse et de l’immobilier se sont effondrés, au Japon, depuis 1991.
La bourse Japonaise ? Elle est quasimment au même point qu’en 1991, jusqu’en 2024. A partir de là, elle est remontée (en flèche, elle vient de toucher son record absolu), mais très essentiellement grâce à des investisseurs étrangers, Warren Buffet en tête.
Pour l’immobilier, la baisse moyenne est de l’ordre de 30% (par rapport à 1991, en Yen, le Yen étant une monnaie qui, par ailleurs, a perdu de la valeur), avec des pointes à -70%, surtout dans les campagnes et, plus inattendu, pour quantité de clubs de golf…(Source : Jean-Marie Bouissou, qui vit au Japon, et dont je vous recommande vivement tous les ouvrages).
Notez aussi qu’en 1991, le Japon affichait le deuxième PIB par habitants dans le monde des économies développées, avec 32.000 Dollars par an et par habitants. Ce même PIB est aujourd’hui de 35.000 Dollars par an et par habitant. Autant dire que ça n’a pas bougé d’un poil en 35 ans. Heureusement, en équivalent de pouvoir d’achat, ces 35.000 Dollars en représentent à peu près 52.000 : à en croire l’OCDE, le prix moyen d’un repas de midi, au Japon, est de l’ordre de 4,20 euros, contre 13 euros en France.
La démographie est LE premier moteur de l’économie, et je ne vous apprends rien lorsque je vous dis que la population japonaise baisse d’année en année et que le taux de natalité de ce pays est très bas.
Ce qui se sait moins, c’est que cette thématique constitue le problème numéro un du Japon, devant les catastrophes naturelles.
C’est cette baisse de la population qui explique les chiffres de la bourse et de l’immobilier.
Si les jeunes sont moins nombreux que les personnes âgées qui décèdent, cela signifie dans un état surendetté que ceux qui héritent doivent vendre une partie de leur patrimoine pour s’acquitter des droits de succession et que dans un pays où il y a moins de besoins immobiliers que par le passé, il n’est que logique que les prix s’effondrent. Pour la bourse, c’est sensiblement pareil : les vendeurs, qui vendent souvent pour payer des droits de succession et donc sont pressés, sont plus nombreux que les acheteurs, dont le nombre se réduit.
CQFD et c’est ce qui nous attend, nécessairement, puisque les données démographiques font du Japon une sorte de laboratoire du futur occidental.
Donc, concrètement, je me suis dit que cela valait le coup de creuser un peu le sujet.
Et ce que j’ai découvert m’a amené bien au-delà des statistiques.
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