L’année dernière, malgré les taxes  l’importation et autres restrictions aux USA, la Chine a exporté comme jamais aucun pays dans l’histoire de l’humanité, dépassant allègrement pour la deuxième année consécutive les 1.000 milliards de Dollars d’excédent commercial.

Cette année, les profits des industries chinoises explosent de plus de 18,2% de hausse pour ce début d’année par rapport à la même période l’année passée et, dans des secteurs comme la chimie, c’est même plus de 70%.

Les vents de voitures électriques de la marque BYD ont augmenté de 84% sur un an, en France.

Parallèlement, la consommation intérieure chinoise est en berne.

La puissance industrielle de la Chine est phénoménale et elle déferle sur le monde entier, en particulier sur l’Asie du Sud-Est et sur l’Europe, tuant tout espoir de « réindustrialisation » en Europe et sapant la sous-traitance mise en place par le Japon.

Sur le plan géopolitique, le Wall Street Journal s’attend à ce que, à Ankara, en juillet, au prochain sommet de l’OTAN, les USA s’éloignent encore un peu plus de l’Europe de façon structurelle, en chantant haut et fort que c’est la faute de ces Européens imprégnés d’anti-américanisme, mais ce sera surtout parce que les USA doivent se déployer beaucoup plus en Asie et n’ont plus les moyens d’être partout.

Du point de vue géopolitique, et dans une perspective de moyen-long terme, l’éloignement US est une chance pour l’Europe, forcée de se soucier à nouveau de sa défense, dans laquelle elle va devoir continuer à investir massivement, ce qui va pousser les pays européens dans des logiques de souveraineté plus affirmées.

Du point de vue économique, par contre, il est temps de se poser de vraies questions par rapport à la Chine tant qu’il est encore temps.

A beaucoup plus court terme, renforcer encore la présence de l’OTAN aux frontières russes, tout en fournissant à l’Ukraine des missiles longues portées en précisant à Monsieur Zelenski qu’il n’a pas à hésiter à s’en servir est un jeu plus dangereux : c’est à Messieurs Starmer, Merz et Macron que l’Europe doit cette prise de risque dans le contexte que je viens de résumer.

Pour revenir à Ankara, diminuer d’un tiers encore ce qui reste de présence américaine en Europe, tout en précisant que la réduction irait jusqu’à 50% en cas de guerre en Europe, cela équivaut à annoncer sans ambiguïté, cette fois, la fin de la structure principale du monde d’après 1945.

Elargissons notre point de vue.

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