Lors de la crise de 2008, un concept est apparu, avec un nouveau nom venu des USA, comme il se doit pour tout nouveau concept qui se respecte : « moral hazard ».

Le « moral hazard » se définit comme étant une situation où tout le monde s’accorde à dire qu’il y a bien une victime, mais sans coupable, sans responsable.

Nous allons creuser un peu cette notion.

Pour ce faire, je vais vous inviter à observer le monde en vous posant la question de la légitimité, de la légalité et enfin du caractère juste ou injuste des règles dont vous subissez effectivement le poids, au quotidien.

Pour vous y aider, je vais vous donner quelques exemples très faciles à comprendre.

Petit exemple de cas de légalité, dans un contexte d’illégitimité.

Les Anglais ont un système démocratique qui repose sur un suffrage universel majoritaire à un tour, un seul. Cela signifie que le parti qui a le plus de voix prend le pouvoir. C’est simple, efficace, et ça fonctionne très bien quand il n’y a que deux grands partis, ce qui est traditionnellement le cas, en Grande-Bretagne.

Mais…

Parallèlement à l’obtention du Brexit, M. Farage a créé « Reform », un parti de droite qui fait concurrence au Parti Conservateur (les « Tories »).

Aux dernières élections, disons pour faire simple que Reform a affiché 33% des votes, les Tories 33% et … le parti travailliste 34%. Et je caricature à peine.

Vous avez donc des Anglais qui n’ont JAMAIS dans leur histoire, même sous Madame Tatcher, autant voté à droite, et vous avez un gouvernement travailliste, donc de gauche, et ce le plus légalement du monde, puisque 34% est le meilleur score des trois que vous venez de lire.

Voici donc un régime légal, mais pas légitime et donc… depuis des mois, des manifestations monstres, tous les week-ends, dans tout le pays, quoiqu’elles soient très peu relayées par la presse européenne, le fait que M. Starmer soit Européïste n’ayant sans doute aucun rapport avec cet état de fait.

Vous comprenez mieux pourquoi il a fini par démissionner.

En France, l’abus de l’article 49.3 de la Constitution, qui permet au Gouvernement, le pouvoir exécutif, de s’improviser législateur en s’affranchissant de l’avis des représentants du peuple relève de la même logique : c’est légal, mais illégitime.

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