Chose qui se sait peu, le Canada s’était trouvé en état de faillite, incapable de faire face au remboursement de sa dette, tout comme la Suède, d’ailleurs, au début des années 1990.

Pour s’en sortir, tout comme M. Milei en Argentine, ces deux pays aujourd’hui présentés comme ultra-vertueux, avaient supprimé du jour au lendemain un nombre incroyable de fonctionnaires. Très essentiellement des bureaucrates, précisons-le, pas les fonctionnaires véritablement utiles, dont en général, tout le monde est bien content qu’ils soient là.

Alors qu’il vient de créer un fonds souverain, qu’il a doté de 25 milliards de Dollars (canadiens, cela va de soi), le gouvernement libéral au sens Nord-Américain, de gauche donc, de Mark Carney, s’apprête à réitérer l’opération.

Ce gouvernement, de gauche donc, répétons-le, a réussi à faire voter il y a presque deux mois un budget de relance de l’économie prévoyant de réduire les dépenses publiques.

Plus précisément, il s’agit de supprimer 40.000 postes de fonctionnaires fédéraux d’ici 2030, ce qui représente 10% des effectifs et 15 Milliards d’Euros d’économies par an.

Le projet de loi de finances affirme clairement qu’une « fonction publique allégée est une fonction publique plus autonome et plus productive ».

Dans la foulée, le Québec vient de décider de caler sa politique sur celle de l’Etat Fédéral, et de supprimer 2.000 postes de fonctionnaires de la belle province d’ici 2030.

En France, alors que l’endettement public est nettement plus élevé qu’au Canada.

La Cour des Comptes l’a dit on ne peut plus clairement dans son dernier rapport : « la dette est de moins en moins soutenable ».

La dette est extrêmement élevée, et c’est le cas aussi du déficit, sans parler même évoquer l’ampleur des « dettes qui ne se voient pas », c’est-à-dire « des engagements » (de la sécurité sociale, par exemple), et alors même que le poids de l’état est le plus élevé de l’OCDE, au coude à coude avec la Belgique, le dernier budget français prévoyait … d’embaucher 6.700 fonctionnaires de plus.

Pour faire quoi ? Des commissions d’enquêtes sur les marges des groupes qui continuent à payer des impôts dans ce pays ou à le nourrir ? Ou alors, se réunir entre gens qui n’ont jamais rien entrepris pour tenir des « conseils de compétitivité », peut-être ?

A votre avis, quel pays sera où dans 15 ou 20 ans ?

Indice : la Suède, dont le revenu par habitant était le même que celui de la France, en 1990, en est déjà assez loin et continue de s’en éloigner de plus en plus.

Je vous laisse deviner ou vérifier dans quel sens l’écart se marque ( Toujours selon Eurostat, pendant la période 1999-2025, seuls la Grèce et le Luxembourg, dot les habitants  seraient sans doute surpris de l’apprendre, ont enregistré une productivité plus faible que celle de la France. Ces trois pays ferment le classement. La Suède a suivi le mouvement opposé et est dans le top trois.).

Et pourtant, la Suède mène elle aussi une vaste réforme fiscale, qui se veut très nettement à l’avantage des citoyens.

Bizarrement, nos bons journaux subventionnés sont fort peu diserts sur ces sujets…