Il n’a pas pu échapper aux observateurs attentifs qui ont une vision globale des marchés que le BitCoin avait sérieusement reculé (60.000 euros), tandis que l’IA s’envolait.

Il semblerait donc que le marché soit de plus en plus friand de la mode, puisqu’il achète bien plus, ces temps-ci, les modes, plutôt que des multiples de rendement d’ailleurs de plus en plus souvent totalement inexistants.

Pour le dire autrement, en bourse, ces temps-ci, mieux vaut être en perte, voire même sans actifs tangibles, mais avoir un bon narratif que d’essayer de faire du résultat.

Jusqu’ici, je ne vous apprends rien, même si j’ai pu détailler la chose à propos de SpaceX.

Faisons un petit détour par du droit économique classique.

Une entreprise, dans sa version la plus simple, c’est une chaîne logique très claire où les actionnaires qui détiennent le capital élisent un Conseil d’Administration, qui a pour obligation légale un devoir fiduciaire d’agir dans l’intérêt financier de la structure et de ses actionnaires.

Grâce à cette mécanique simple, peu importe son raffinement, en théorie une action égale une voix et donc celui qui possède est celui qui contrôle et il cherche à faire monter la valeur de l’entreprise et ses profits.

Toute ceci constitue ni plus ni moins que la base, le socle de la discipline de marché.

Avec Palantir, on avait déjà observé à quel point une entreprise pouvait ne plus vraiment en être une, n’avoir qu’un seul client qui soit également son actionnaire, ce qui était déjà pour le moins bizarre, s’agissant d’un machin continuant d’être coté en bourse.

Mais ici, avec Anthropic, on va franchir un nouveau seuil.

Vous connaissiez les cigarettes sans tabac ?

Vous allez découvrir l’investissement en bourse quasi garanti sans profit !

Imaginez une entreprise qui, comme de juste, aligne un bon 154 milliards de pertes annuelles, pour faire bonne mesure dans son secteur, et qui demande au marché de la valoriser près de 1.000 milliards de Dollars, tout en expliquant à ses investisseurs que  ses propres statuts ont prévu une organisation pour le moins originale de sa gouvernance.

Ceux-ci prévoient que l’actionnaire ne sera pas au sommet de la pyramide, mais qu’il y aura une mission au-dessus de lui, je cite : « le développement et le maintien responsable d’une ia avancée pour le bénéfice de long terme de l’humanité », étant entendu que cette mission prime donc sur le profit ou sur la croissance de la valeur de l’entreprise.

Ah ?

Et vu que c’est tout de même assez vague et que la mission ne va pas se préciser toute seule, serait-il indiscret de demander qui décide d’éventuellement bloquer l’entreprise dans son développement, « pour le bénéfice à long terme de l’humanité » ?

Un comité de sage, nommé avant l’introduction en bourse, et qui désignera ses propres successeurs.

Voilà. C’est en toutes lettres dans le dossier d’introduction en bourse d’Anthropic, le propriétaire développeur en pertes de l’ia plébiscitée « Claude ».

Au moins, pour ceux qui lisent, c’est très clair : autant donner son argent à quelqu’un qui secoue sa sébille, cela revient au même.

Vu le climat actuel et vu qu’à part des avocats et autres juristes dans mon genre, personne ne lit, avec une bonne campagne de communication, ça va passer comme une lettre à la poste.

Au moins, mes lecteurs auront été prévenus.

Et, au-delà de cette alerte à mes lecteurs, je me dis que l’Occident est vraiment de moins en moins cohérent et je me demande pourquoi encore enseigner le droit classique, manifestement en voie d’obsolescence avancée.