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Glossaire: lettre « C »

Chuchoteur : c’est un métier. Un métier largement méconnu et qui, dans les haras des princes arabes, est grassement payé. Il consiste en effet à détendre les chevaux en leur parlant doucement à l’oreille, comme dans le film avec Robert Redford. En effet, les chevaux de course sont stressés et cette pratique les détend. Ce qui perturbe le développement du cheval, c’est d’avoir été empêché d’avoir une curiosité personnelle sur le monde. Le plus dérangeant pour lui, ce sont les œillères, ces petits carrés de cuir qu’on lui met sur les yeux pour l’empêcher de regarder sur le côté. Plus l’animal est intelligent, moins il supporte. Ce n’est pas nouveau et c’est une des sources de l’expression « élargir son champ de vision ». En lui susurrant à l’oreille, le chuchoteur crée avec le cheval un rapport qui permet de sortir de la simple exploitation par l’homme, et il contribue en réalité à rendre celle-ci supportable au cheval. Il faut savoir, au risque de me répéter, que plus l’animal est intelligent, moins il supporte les œillères, et plus le travail du chuchoteur est essentiel…

Corée : pays très largement méconnu, il est situé au carrefour des trois civilisations majeures d’Asie, entre le Japon, la Chine et la Russie. Rien que présenté comme ça, déjà, ça attire l’attention. Les coréens ont une culture propre d’autant plus fantastique qu’ils ont résisté (et résistent encore de nos jours) à leurs trois envahissants voisins. Leur musique, leur peinture, leur alphabet sont uniques. Pourtant, pendant l’occupation japonaise, les temples coréens ont été rasés, la langue coréenne remplacée de force par le japonais. C’est le seul peuple libéré qui, lorsqu’il l’a été a dû faire un effort particulier pour reconstruire ses racines, en utilisant, pour les temples, le souvenir des anciens, puisque même les plans et les photos avaient été détruits. A peine cet effort accompli, la Corée du Nord tentait d’envahir celle du Sud, qui vit avec la menace permanente du fou d’à côté, passionné par les tirs de missile et les têtes nucléaires. Malgré tout ça, le nombre de brevets déposés par les coréens, le nombre de personnes qui y ont obtenu des diplômes élevés en proportion de la population, le score aux tests internationaux, notamment en matière de concours mathématiques, sont tout simplement hallucinant et sans équivalent dans le monde. La Corée est un pays qui mériterait qu’on s’y intéresse plus qu’on ne le fait.

Civilisation : le mot « civilisation », vient de « civis », la cité. L’homme est devenu « civilisé » quand il a commencé à construire des cités. Genghis Kahn a voulu à tout prix rester nomade. Le peuple mongol n’a pas construit de cité. Il a disparu sans vestige. Il n’est pas considéré comme une « civilisation » à part entière, seulement comme un épisode de l’histoire, alors même que Genghis Kahn avait fondé le plus grand empire connu à ce jour. Fascinant.

Conan Doyle (Sir Arthur, himself) : Comme Sean Connery et d’autres très célèbres représentants de la Couronne Britannique, Sir Arthur Conan Doyle est en fait écossais, puisqu’il est né à Edimbourg, en 1859. Très jeune, déjà, il est porté sur l’écriture, puisque sa biographie nous apprend qu’il a créé un journal de lycée, dans lequel il s’était spécialisé, déjà, dans les nouvelles. Diplômé de médecine, il s’identifiera plus tard au compagnon de son plus célèbre personnage, le Docteur Watson. En attendant, il doit aider sa famille, plongée dans la misère en raison de l’alcoolisme de son père. Ayant ouvert son cabinet d’ophtalmologie à Portsmouth, il se marie à 26 ans. Petit à petit, sa situation étant stabilisée, il va revenir à sa précoce passion pour l’écriture. Il rédige, en 1886, à l’âge de 37 ans, donc, « A study in scarlet » (une étude en rouge), la première aventure de son héros, le détective Sherlock Holmes. Ce dernier est inspiré par un des professeurs de la faculté de médecine d’Edimbourg, le Docteur Joseph Bell, chirurgien qui préconisait d’enquêter sur les maladies en procédant par déductions successives pour trouver la bonne, et donc la réponse à y apporter. Conan Doyle publie six histoires via le « Strand Magazine », qui lui en commande systématiquement de nouvelles. Lassé par le rythme qui lui est suggéré par l’éditeur, Conan Doyle demande 50 livres pour poursuivre son œuvre, somme exorbitante pour l’époque. Loin de refuser, le journal accepte immédiatement et voilà Sir Arthur pris à son propre piège. Il publie tant et tant qu’il abandonne la médecine, au profit de l’écriture. Il en vient à détester son personnage, qu’il tue dans « The Final Problem ». Il est alors en Suisse, pour accompagner sa femme, qui y soigne sa tuberculose. Sherlock Holmes meurt en Suisse, précipité dans les chutes de Reichenbach par son ennemi de toujours, le professeur Moriarty. Les lecteurs réagissent par centaines d’abord, puis par milliers, le suppliant de faire revivre le détective. Conan Doyle verra les menaces suivre les suppliques. Il s’essaie à la politique, se présente aux législatives d’Edimbourg, où il n’est pas élu. Il s’exile, renoue avec la médecine, qu’il exerce alors au Soudan, avant de diriger un hôpital en Afrique du Sud, pendant la guerre des Boers. En 1902, alors que personne ne s’y attendait plus, il rédige « the hound of the Baskerville » (le chien des Baskerville), qui signe le retour de Sherlock Holmes dans la lande. Pour résoudre le problème de la résurrection, il s’est contenté de situer l’action avant la disparition dans les chutes de Reichenbach. Un peu facile. Trois ans plus tard, par contre, dans « the return of Sherlock Holmes », la résurrection officielle a bien lieu… le succès est immédiat et permet fort commodément à l’auteur de financer la construction d’une somptueuse maison. Conan Doyle, qui reçoit du courrier au nom de Sherlock Holmes, le vit assez mal, et rend alors son personnage de plus en plus noir : solitaire, aigri, mysogine à outrance (l’exact opposé, en somme, de son très élégant concurrent français, Arsène Lupin, notoirement amateur de beautés féminines). C’est même en véritable junkie que termine le détective Britannique, accro à la fois à la morphine et à la cocaïne. Conan Doyle semble quelque peu emporté par le personnage, puisqu’il finit en adepte actif du spiritisme, tout comme d’autres auteurs tels, par exemple, Victor Hugo. Les aventures de l’homme à l’imperméable, et au chapeau aussi typique que la pipe se sont poursuivies quelques temps avec son fils, Adrian, qui publia les « Nouvelles aventures de Sherlock Holmes ».  Rarement personnage de littérature fut aussi célèbre, aussi immortel et à ce point tout à la fois fascinant et jugé par les autres aussi représentatif de Londres et de l’Empire Britannique… alors que son papa était écossais.

Coups d’Etat : beaucoup de coups d’états sont instigués par certains états pour affaiblir leurs voisins. Beaucoup sont parfaitement connus, mais peu exposés au grand public ou enseigné en école primaire, l’histoire étant, comme chacun sait mais l’oublie volontiers, écrite par les vainqueurs, en fonction de leurs intérêts et de leurs alliances du moment. Exemple : en 1917, les allemands fournissent à Lénine son wagon plombé et une aide sous plusieurs autres formes, moins connues, pour lui permettre de revenir en Russie. L’idée de l’Allemagne est que la Révolution en gestation affaiblira le front de l’Est si elle éclate avec des chances de réussites. Les Russes, une fois devenus communistes, aident à leur tour la bande à Mao à accéder au pouvoir. Ce n’est ensuite plus un secret pour personne (pour l’instant) que la Chine a fourni du matériel militaire, voire même des hommes, au Viet-Nam, au Laos, en Corée et au Cambodge. Certaines révolutions sont d’autant plus pernicieuses qu’elles sont fomentées par un état pour placer un gouvernement fantoche à la tête du pays voisin ce qui, de surcroît, évite une guerre. Tout est fait, aujourd’hui, pour faire oublier aux gens du commun, surtout en Europe Occidentale, que pour acquérir matières premières et zones d’influence, il n’existe pas trente-six façons de s’y prendre : soit l’invasion pure et simple, soit des accords commerciaux négociés avec un bon gros déséquilibre. Pour réussir dans la mise en place de cette seconde option, rien de tel que d’établir un bon gouvernement fantoche qui vous est redevable. Toute personne qui évoque, à l’heure actuelle, que l’Union Européenne, telle qu’elle existe, est une émanation de l’OCDE, elle-même émanation du Plan Marshall, du nom du général Marshall, chef suprême du Pentagone et à ce titre grand vainqueur de la deuxième guerre mondiale, perd, chemin faisant, toute chance de s’exprimer dans les médias dominants… Le fait que les dirigeants européens passent TOUS (= 100% de la Commission) par des MBA américains, voire des postes dans des multinationales américaines devrait pourtant nous mettre la puce à l’oreille, mais qui nous en parle ?

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